MSP : premier bilan



Bon, ça fait quasi 6 mois depuis le dernier article.
6 mois d'ouverture de notre belle Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP).

Il serait temps que je donne suite avec un petit compte rendu.

Je vais essayer de faire pas trop long, et éventuellement j'essayerai de détailler sur d'autres articles ce qui mérite d'être développé. N'hésitez pas à me demander des précisions, ou à donner votre point de vue !



Tout d'abord, il est clair que je ne regrette absolument pas mes 9 mois de gestation installé à l'ancienne (cf articles précédents pour les détails).

Maintenant, j'ai toujours peu de temps libre, cependant c'est plus lié au fait que je profite de mon statut de jeune papa que à cause du boulot, donc l'objectif souhaité d'une meilleure balance entre vie professionnelle et vie privée est mieux respecté.

Par ailleurs, la structure et surtout l'organisation du travail permettent de vraiment se concentrer sur le patient, tout en assurant une continuité des soins confortable grâce aux secrétaires, au travail en équipe entre médecins, mais aussi avec les paramédicaux.

Un point sur lequel je suis quand même un peu déçu : la communication inter-professionnelle n'est pas encore tout à fait au point. Pour beaucoup de raisons. La principale est qu'on est débordés, et on n'a pas (encore) bloqué sur nos plannings des moments systématiques de réunions. Et on est tellement chargés qu'on a du mal à libérer ce temps nécessaire. Heureusement la proximité géographique fait qu'on se parle, mais parfois trop vite.

J'en suis un peu déçu, de même que de la prise en charge des patients pas assez consensuelle à mon goût, et je pense l'exprimer peut-être par une frustration énervante pour mes collègues, avec le risque d'un cercle vicieux fermant encore plus la communication. La solution : des groupes de pairs ? Là aussi, on a peur de ne pas en avoir le temps...
Conseil à des projets similaires : anticipez ++ en prévoyant ces temps de réunion avant d'être saturé.

Ce nouveau système semble en tout cas convenir aux patients, bien qu'une période d'adaptation a été nécessaire : les anciens médecins étaient quand même là depuis plus de 35 ans et ont été à juste titre appréciés par la population.

Mais passer du sans-rendez-vous-permanent-avec-une-médecin-non-associée-qui-bossait-18h/j à du tout-sur-rendez-vous-avec-5-médecins-différents, que quand c'est "urgent" on tombe pas forcément sur "son" médecin, et que parfois on nous dit que le rendez-vous semi-urgent c'est pas avant au moins demain alors qu'avant c'était quand on voulait quel que soit le motif... ça n'a pas été tout à fait facile, ni pour les patients, ni pour les secrétaires qui n'avaient pas du tout ce rôle de tri auparavant.
C'est l'autre principal point restant à résoudre à mon avis : la bonne régulation téléphonique des appels. Si vous avez des pistes de formation, de méthode, je suis preneur.

Cela convient malgré tout aux anciens patients, mais aussi à beaucoup de nouveaux : beaucoup de patients du canton (que je rappelle rural et vaste) se faisaient soigner alentours en raison de la saturation locale. La saturation s'est maintenant inversée : les patients du coin (re)viennent se faire soigner avec plaisir, appréciant cette structure près de chez eux, et c'est très positif. Ce qui est par contre inquiétant, c'est que des patients alentours (> 20 km) commencent à affluer... alors qu'on est déjà chargés.

Niveau murs, la maison de santé est vraiment chouette, agréable, sans être tape à l’œil (ce qui à mon avis plombe les coûts de certaines autres MSP en difficulté). Des plâtres ont été essuyés (problèmes de plomberie, problèmes de stabilité d'internet alors qu'ont utilise des outils en ligne, chauffage mal réglé...) mais dans l'ensemble ça va, on s'y voit pour longtemps !

Enfin, un signe de l'adaptation de ce système aux demandes des médecins de notre génération : avant la MSP il était très difficile de trouver un remplaçant, maintenant en décrivant les conditions de travail, à peine une annonce est postée que plusieurs postulants nous contactent.

Au final, nous sommes encore pour l'instant sereins quant à l'avenir local, bien qu'après être passés de 3 à 5 médecins, nous ne cracherions pas sur un 6ème médecin vu les points de quasi-saturation évoqués. Mais la structure étant attractive, on a déjà au moins une piste.

La solution à nos problèmes de temps, ou la poursuite de l'inflation ?

L'avenir nous le dira :-)

...à suivre...
dans moins de 6 mois, j'vas essayer !

Commentaires

  1. Le point noir dans l'installation en zone à faible démographie médicale est l'afflux de patients éloignés.
    Ce fut notre préoccupation première avant de commencer : comment ne pas se retrouver à refuser les patients à proximité et ne pas pourvoir assumer les appels du jour ?
    On a conclu que pour ne jamais refuser de patients de notre commune et communes limitrophes il fallait refuser ceux venant de plus loin.
    Et on encourage +++ le parcours de soin. On garde un maximum nos créneaux pour nos patients et on oriente les autres vers leur médecin.
    Ca nous tranquillise, ça satisfait nos patients et ça évite une expansion non contrôlée.
    Content que tu sois bien chez toi.
    Bonne continuation.
    Le Druide.

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    Réponses
    1. Merci :-)
      Pour la limitation géographique, on préviens qu'on ira pas en visite hors canton, mais on ne refuse pas encore...
      Va peut-être falloir s'y mettre avant que la brèche ne soit trop ouverte.

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